La considération des conséquences peut-elle justifier l'abandon des principes ? (corrigé de dissertation)

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La considération des conséquences peut-elle justifier l'abandon des principes ? Corrigé de dissertation de philosophie à télécharger.

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Ce document est un corrigé d'une dissertation, niveau agrégation

[u]Sujet [/u]: La considération des conséquences peut-elle justifier l'abandon des principes ?

Il s'agit avant tout d'un sujet de philosophie morale, et non d'un sujet d'épistémologie. Nous le traitons à l'aide des philosophies morales de Descartes et de Kant. Nous y analysons divers exemples concrets (l'euthanasie, la légitime défense, l'action dans l'urgence, etc.).

[u]Extrait[/u] :
se demander si la considération des conséquences justifie ou non l’abandon des principes est absurde en sciences, car la réponse est immédiatement positive : si une théorie a des conséquences logiquement contradictoires, alors elle doit être abandonnée. Et si une expérimentation n’aboutit pas, alors le dispositif doit être remanié.
La question en revanche prend toute son ampleur, dès que l’on demande si par exemple les conséquences de l’expérimentation sur les embryons humains, ou celles de la recherche sur l’énergie nucléaire, légitiment ou non l’abandon de ces expériences ou recherches. L’enjeu d’une telle question est donc éthique, et non épistémologique. Toutefois, il serait épistémiquement valable de se demander si la considération des conséquences d’une hypothèse, prise comme principe par une expérience de pensée, peut ou non justifier l’abandon de celle-ci. L’enjeu est alors méthodologique. Et la question intéresse prioritairement les disciplines dans lesquelles la considération des conséquences par la pensée ne peut pas se réduire à un raisonnement logique : c’est donc une question méta-éthique, concernant la méthodologie en philosophie morale.

...

la fermeté consiste précisément à se déterminer, c’est-à-dire à convertir le probable en certitude du point de vue pratique. Descartes, avec la fermeté, énonce le seul principe qu’on ne saurait abandonner, puisqu’il consiste justement à ne pas abandonner ce à quoi on s’est d’abord déterminé, les conséquences étant imprévisibles. Descartes illustre le principe de fermeté par l’exemple du promeneur en forêt : supposons qu’un promeneur s’égare dans une forêt. Il n’a aucun moyen de déterminer la direction qu’il doit prendre. Il doit donc se décider au hasard pour une direction. Mais si le doute le saisit au cours de la marche et s’il abandonne sa direction première pour une autre, alors il se trouve en état d’irrésolution. La démarche la plus rationnelle consiste au contraire à s’en tenir fermement à la direction qu’on s’est d’abord donnée [...]

Sommaire du document :

[b]Introduction[/b] : problématique

Considérer les conséquences, est-ce une méthode valable d’évaluation des principes de la morale, tant dans l’usage quotidien de la vie que dans les tentatives philosophiques d’élaboration de théories morales ?

[b]I – Peut-on faire des conséquences le principe d’évaluation des actions ?[/b]
- Examen de la position naturelle
- Critique du raisonnement conséquentialiste

[b]II – La considération de ce qui nous arrive au présent, envisagé rétrospectivement comme conséquence de principes que nous avons fait nôtres dans le passé, peut-elle justifier l’abandon de ces principes ?[/b]
- L'action en situation d'urgence
- Examen de la position cartésienne ([u]Discours de la méthode[/u] et [u]Traité des passions de l'âme[/u])

[b]III – La méthode d’évaluation des conséquences peut-elle être légitime ?[/b]
- Critique de la validité de l'expérience de pensée en morale.
- Examen de la position kantienne ([u]Fondements de la métaphysique des moeurs[/u] et [u]Critique de la raison pratique[/u]).