Dans quelle mesure le marché concurentiel est-il efficace ?

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Exemple de corrigé de dissertation d'économie à télécharger sur les notions de marché et de concurrence. Problématique : Dans quelle mesure le marché concurrentiel est-il efficace ?

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Exemple de corrigé de dissertation d'économie sur les notions de marché et de concurrence.

Sujets : Dans quelle mesure le marché concurrentiel est-il efficace ?

Extrait de la dissertation :


Introduction
Aujourd’hui, le marché est au cœur de nombreuses économies. Il détermine notre quotidien. Le marché concurrentiel est le lieu, concret ou non, de la rencontre entre des offreurs et des demandeurs qui échangent des quantités de biens ou de services contre de l’argent, les prix et les quantités correspondantes étant fixés par la loi de l’offre et de la demande.
On peut se demander quelles sont les conditions d’efficacité et les limites du marché ?
Pour répondre à cette question, nous verrons tout d’abord que le marché est efficace sous certaines conditions, puis nous en montrerons certaines limites.
I. Un marché efficace.
En premier lieu, sous certaines conditions, nous disent les libéraux, le marché est véritablement efficace.
1) La concurrence pure et parfaite :
En effet, ils ont pensé le marché comme un modèle fonctionnant sous les hypothèses de concurrence pure et parfaite.
Précisons d’abord que la concurrence pure et parfaite a été élaborée au cours du XXe siècle par des économistes néoclassiques. L’école néoclassique quant à elle est apparue vers les années 1870, elle est composée d’auteurs libéraux qui veulent comprendre les décisions des agents économiques, ils accordent donc une place déterminante aux acteurs économiques rationnels : les homo oeconomicus. Mais pour que le marché soit véritablement efficace, encore faut-il qu’il soit parfaitement concurrentiel, ajoutent les libéraux. Ils définissent ainsi les hypothèses de concurrence pure et parfaite :
- L’hypothèse d’atomicité pose que les offreurs et les demandeurs sont à ce point nombreux qu’aucun ne peut agir sur les prix, qui ne dépendent que du marché, c’est à dire de la confrontation entre l’offre et de la demande.
- L’hypothèse d’homogénéité revient à considérer que tous les produits d’un même marché sont identiques.
- L’hypothèse de mobilité postule que les facteurs de production peuvent passer d’un marché à un autre sans difficulté.
- Elle a pour corollaire l’hypothèse de libre entrée et libre sortie : tout individu, toute entreprise par exemple, peut pénétrer ou quitter un marché quand bon lui semble.
- L’hypothèse de transparence pose que chaque individu sait tout sur tout lorsqu’il réalise un échange : en plus d’être rationnel, l’homo oeconomicus est omniscient. Enfin, pour qu’un marché soit efficace, il faut encore que rien n’empêche les individus de faire leurs choix par hypothèse efficaces, et notamment pas de règlements émanant de l’Etat par exemple : c’est l’hypothèse de fluidité.
Le marché tel qu’il a été pensé par les libéraux ne fonctionne bien que sous ces conditions.
2) Sous ces hypothèses, le marché est efficace :
L’idée d’une autorégulation du marché se met en place : l’offre et la demande s’équilibrent spontanément : quand l’offre est supérieure à la demande, par exemple, les prix baissent (c‘est la loi de l’offre et de la demande), de sorte que la demande augmente et que l’offre baisse, si bien que l’offre et la demande se rejoignent : le déséquilibre se résorbe de lui-même.
En effet, la concurrence est une structure de marché, c’est-à-dire, une manière parmi d’autre de composer l’offre et la demande sur un marché. La politique de concurrence contribue à stimuler l’esprit d’entreprise et la productivité, à élargir l’offre pour les consommateurs, à faire baisser les prix et à améliorer la qualité des biens et services. En effet, celle-ci permet des prix bas pour tous, sur un marché concurrentiel, les prix sont tirés vers le bas. C’est un avantage pour les consommateurs mais également pour les entreprises qui sont encouragées à produire si plus de gens ont les moyens d’acheter leurs produits. Cela stimule l’ensemble de l’économie. Mais également une meilleure qualité, car la concurrence incite également les entreprises à améliorer la qualité des produits et des services qu’elles vendent, afin d’attirer plus de clients et d’accroître leurs parts de marché. Puis, les entreprises proposent plus de choix, ils cherchent à distinguer leurs produits des autres.
Léon Walras généralise le raisonnement à la fin du XIXème siècle en soutenant que sous les hypothèses de concurrence pure et parfaite, tous les marchés s’équilibrent spontanément : c’est la théorie de l’équilibre général. Comme à l’équilibre, par construction, les intérêts de l’offreur et du demandeur sont satisfaits au mieux, c’est à dire le plus efficacement possible, l’équilibre général est une situation où les intérêts de chacun et de tous sont satisfaits le plus efficacement possible.
Le marché est également efficace en matière de redistribution. Sous les hypothèses de libre entrée et de mobilité, les ressources sont réparties selon la demande, c’est à dire les besoins (solvables…). Le marché limite, voire évite ainsi le gaspillage.
Enfin, ce qui n’est pas négligeable, cette efficacité se marie avec la justice. En effet, le marché est juste car il récompense le mérite : les richesses vont à ceux qui satisfont le mieux les besoins. Plus une entreprise satisfait les besoins de ses clients, plus ses commandes et ses profits augmentent. Pour les salariés, en cas d’inégalité des chances, certains libéraux plaident pour une discrimination positive qui mettrait en quelque sorte tout le monde sur la même ligne de départ. Ensuite, il n’y aurait qu’à laisser faire le marché, et l’efficacité et la justice adviendraient naturellement.
Sous les hypothèses de concurrence pure et parfaite, le marché est donc efficace : il satisfait au mieux les intérêts particuliers et l’intérêt général en allouant les ressources le plus efficacement, c’est à dire là ou s’expriment des besoins, et conformément à la justice. Toutefois, ce modèle peut être remis en cause.
II. Un marché limité
En second lieu, le modèle du marché est limité tant dans sa construction que dans son application.
1) La construction du modèle du marché repose sur des hypothèses peu réalistes.
Tout d’abord, la conception de l’homo oeconomicus est à relativiser : tous les échanges ne sont pas commandés par l’intérêt comme les actions humanitaires.
Ensuite, la mise en place des conditions de concurrence pure et parfaite semble impossible : certaines sont irréalistes. L’homogénéité : sur le marché du travail, tous les hommes et toutes les femmes sont différents. La transparence : le principe d’innovation la rend problématique. La libre entrée : tout individu n’est pas capable d’entrer sur certains marchés nécessitant de lourdes infrastructures. La mobilité : sur le marché du travail, elle supposerait que tout individu puisse se reconvertir dans le cas où l’offre de travail diminue ; or, concrètement, les personnes ne peuvent pas acquérir des nouvelles formations aussi facilement.
Le modèle du marché concurrentiel est donc déjà, dès sa construction, mis en échec.
2) Un modèle dont la conception n’a pas de bases solides ne peut pas avoir une application performante.
En effet, même en supposant que les hypothèses de concurrence pure et parfaite soient réalisées, le marché est défaillant.
L’argument avancé par A. Smith selon lequel l’intérêt personnel aboutit à l’intérêt général n’est pas toujours vrai : certaines activités industrielles ou agricoles orientées vers la maximisation du profit peuvent contribuer à dégrader l’environnement. On est là en présence de ce que les économistes appellent une externalité négative.
Par ailleurs, laissé à lui-même, le marché, ne peut pas prendre en charge la production de biens (ou services) collectifs, pourtant importants pour la satisfaction de l’intérêt général. Les biens (ou services) collectifs sont des biens que l’on peut consommer sans nuire à leur consommation par d’autres personnes, et sans qu’on sache qui les consomme vraiment, comme l’éclairage public. Si bien qu’il n’est dans l’intérêt de personne de produire ce bien : il est « rationnel » de faire cavalier seul (« free rider »), de laisser son voisin acheter un lampadaire pour éclairer la ruelle par exemple, plutôt que d’en acheter un soi-même, car on en profitera sans l’avoir financé ! Mais on le voit bien, si tout le monde agit de la sorte, aucun lampadaire ne sera installé : ce type de bien nécessite qu’une instance supérieure les produise : l’Etat.
Enfin, le modèle du marché concurrentiel est présenté comme juste. Mais cela dépend de la manière dont on définit le mérite. Se définit-il par l’effort fourni ou par les résultats ? Il est par ailleurs difficile de croire que tous les individus ont la même chance de réussir : la probabilité pour qu’un fils d’ouvrier et un fils de cadre reçoive la même formation est faible. Malgré la mise en place d’une discrimination positive, les écarts sont importants.
Le marché n’est donc pas toujours efficace : la poursuite de l’intérêt personnel ne permet pas toujours de satisfaire efficacement l’intérêt général. Le marché génère des nuisances (des externalités négatives) et est incapable de prendre en charge la production de biens collectifs. Par ailleurs, il doit-être régulé par être équitable [...]

Sommaire du document :

Introduction

I) Un marché efficace


A. La concurrence pur et parfaite
B. Sous ces hypothèses, le marché est efficace

II) Un marché limité


A. Il repose sur des hypothèses peut réaliste
B. Pas de bases solides donc pas d'applications performantes

Conclusion